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1024 683 DES MURS À PARIS

Paris ne serait pas Paris sans les immeubles haussmanniens

Au début du 19ème siècle, Paris se présentait principalement comme une ville médiévale avec un centre congestionné, des rues étroites et sombres, sans arbres, des immeubles insalubres. Pas d’égouts ni d’eau courante. La circulation était engorgée face à la croissance de l’activité économique.

Les immeubles haussmanniens ne sont, en fait, pas la création directe du baron Georges Eugène Haussmann. Le préfet de Paris de 1853 à 1870 consacra la plus grande partie de son action à la percée des nouvelles voies, le réseau des égouts, du gaz ou encore l’adduction d’eau. Les immeubles haussmanniens sont une conséquence de ces travaux, car il fallait bien reconstruire après tous les bouleversements effectués au sol et en sous-sol.

La grande majorité de ces immeubles ont été bâtis après le départ d’Haussmann de la Préfecture, soit entre 1870 et 1920. Jusqu’en 1860, Paris ne représentait que le tiers de sa surface actuelle.
Mais, il est indéniable que l’impulsion donnée par Napoléon III et son préfet s’est poursuivie pendant près de 50 ans.  En 1853 et pendant les 70 années qui ont suivi, il aurait été construit plus d’immeubles à Paris que pendant les 3 siècles qui ont précédé (+60% des immeubles du Paris actuel).

 

Aérer, unifier, embellir…

Aérer : cette mission concerne les espaces verts : arbres le long des rues, places arborées, squares, aménagement des Bois de Boulogne et de Vincennes… Mais aussi, la construction de tout un système d’approvisionnement en eau et d’un réseau d’égouts, dont Paris manque cruellement.

Unifier : des voies doivent être créées pour relier les différents quartiers de la ville et créer, ainsi, un ensemble urbain. La liaison entre les gares, placées par l’initiative privée de façon anarchique, est une priorité. La liaison ferroviaire entre les régions françaises passe par Paris et donc par ses voies de circulation. Les nouvelles avenues permettent d’atteindre également certains quartiers qui, isolés, demeurent une menace insurrectionnelle pour le pouvoir impérial. On en a fait le reproche à Napoléon III, mais on ne peut prétendre que cela soit la motivation principale de ces travaux.

Embellir : les bâtiments historiques, Notre-Dame, l’Hôtel de Ville… doivent être dégagés des immeubles qui les étouffent. Ils sont ainsi valorisés et, souvent, restaurés. De plus, les nouvelles avenues permettent d’offrir à Paris une unité et des perspectives qui contribuent aujourd’hui à son image.

 

 Des caractéristiques qui participent à l’élégance de Paris

– Les façades en pierre de taille :

Les façades sont constituées de blocs de pierre appareillés, en provenance de nombreuses carrières, situées parfois à plusieurs centaines de kilomètres de Paris.
Les nouveaux moyens de transport, de sciage et de levage sur les chantiers, permettent désormais d’utiliser pour les immeubles d’habitation, des appareillages réservés jusqu’alors aux monuments.

– Les murs avec refends :

Le rez-de-chaussée et l’entresol sont le plus souvent striés de profonds refends qui marquent fortement la façade haussmannienne.

– Les balcons :

Situés aux deuxième (étage « noble » avant l’apparition de l’ascenseur en 1870) et cinquième niveaux, ces balcons sont l’une des caractéristiques les plus marquantes des immeubles « Haussmann ».
Ils sont généralement « filants« , c’est-à-dire sans interruption d’une extrémité à l’autre de l’immeuble.

 

– La hauteur :

La hauteur des immeubles est strictement limitée en fonction de la largeur de la voie qu’ils bordent, sans ne jamais dépasser 6 étages.
D’où l’impression d’unité donnée par les rues reconstruites à cette époque.